Le collectif 07 STOP AUX GAZ DE SCHISTE affirme son refus de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère et autres hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux ...) et de tous hydrocarbures dont l’extraction nécessite l’utilisation de techniques, quel que soit leur nom, nécessitant de fracturer, stimuler, acidifier ou encore de fissurer la roche et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité.

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Le chrome et les forages

samedi 1er mars 2014

LE CHROME ET LES FORAGES

André Picot, Toxicochimiste, ingénieur en Chimie Biologie est l’auteur du fameux "rapport Picot"

Dans son rapport, il mentionne un fait non négligeable, l’effet d’un réacteur chimique :

... Tout semble se passer comme si la zone de fracturation, qui se situe à grandes profondeurs (1000 à 3000 m voire plus), soumise à de fortes pressions et à des températures assez élevées, se comportait comme un réacteur chimique dans lequel plusieurs centaines de produits, dont certains sont de puissants catalyseurs (sels métalliques…), interagissaient et formaient en final de nouveaux composés, résultats d’une ou de plusieurs réactions chimiques.

… De même, il apparaît dans l’eau de sortie de fracturation, des composés du chrome hexavalent : (chromates…) alors que dans le liquide initial l’EPA a seulement identifié un sel de chrome trivalent, l’acétate chromique (n°29). En milieu oxydant, ce dernier est facilement transformé en composé hexavalent.

De nombreuses substances utilisées pour la fracturation hydraulique soumises aux conditions de ces « réacteurs chimiques » peuvent produire des molécules dangereuses pour l’environnement et la santé humaine.

André PICOT a analysé la liste des produits présents dans les fluides de fracturation produite par Hydraulic Fracturing Report 4.18.11.
Il a retenu 220 produits.
Le benzène, produit hautement cancérigène et à supprimer absolument des fluides de fracturation.
Ensuite il a analysé les produits chimiques des eaux de sortie de fracturation à partir des documents du NYSDEC de l’Etat de New-York et un focus est réalisé sur le chrome et le N-Oxyde de 4 Nitroquinoleine. Ce dernier provient de la transformation de la quinoléine qui était injectée avec le liquide de fracturation et donne une molécule hautement toxique à l’origine de cancer de la bouche. De même le chrome peut donner du chrome VI hautement toxique.

Note du Collectif 07
Le chrome VI a diverses conséquences sur la santé :
- Quand il est présent comme composé dans les produits en cuir, il peut provoquer des réactions allergiques, telles que des éruptions cutanées ;
- Lorsqu’on le respire, il peut provoquer des irritations nasales et des saignements de nez.
- Il peut aussi provoquer :
* Troubles de l’estomac et ulcères ;
* Problèmes respiratoires ;
* Système immunitaire affaibli ;
* Dommage au foie et aux reins ;
* Altération du matériel génétique ;
* Cancer des poumons ;
* Voire des décès.
La directive RoHS européenne, interdit l’utilisation de plus de 0,1 % en poids de chrome hexavalent.


SUR CET ARTICLE DU COLLECTIF 07
- "Les conséquences de l’exploitation du gaz de schiste sur l’environnement et la santé"
- Le bilan toxicologique & chimique - exploitation des huiles et gaz de schiste ou de roche-mere et risques associes d’André Picot
- Les conséquences de l’exploitation du gaz de schiste sur l’environnement et la santé du Dr Pascale HOMEYER : neurologue

André PICOT
_ Ci-dessous, des extraits de l’article du Huffington Post (article avec liens)

La première fois que nous avons entendu parler du gaz de schiste, ce fut en regardant le film de John Fox, Gasland, qui dresse un bilan apocalyptique de l’extraction des huiles et gaz de schiste aux Etats-Unis. Plus tard, nous avons été interpellés par des amis écologistes, sur la nature des produits chimiques utilisés au cours de la fracturation hydraulique et sur leurs éventuels dangers, tant pour la santé que pour l’environnement.

Première surprise, lors de notre recherche sur ce sujet d’actualité : aucun organisme officiel français n’avait publié dans ce domaine chimique… Certainement un simple oubli ! Restait à analyser les données publiées par les autorités américaines (Epa, État de New York…) et québécoises.

Notre étonnement a été de constater que certains produits chimiques caractérisés, à la sortie des fluides de fracturation (en général on récupère au maximum 50% des 10 millions de litres d’eau, utilisés pour une fracturation verticale) n’étaient pas présents au départ. D’où notre hypothèse, que ces nouveaux produits ne pouvaient provenir que d’interactions chimiques, favorisées par la température et la pression très élevées dans ce réacteur naturel formé dans le sous-sol profond, lors de la fracturation du schiste.

Ainsi les sels de chrome trivalent (Cr3+) peu toxiques (seulement allergisants) sont oxydés en composés hexavalents (Cr6+) connus sous le nom de chromates qui sont de puissants mutagènes et cancérogènes chez l’Homme.

Que sait-on actuellement de l’impact sur la santé de ces nouvelles technologies, appliquées sur une large échelle aux Etats-Unis ?

De récentes publications mettent en évidence un taux anormal de cancers (dont des leucémies…) autour des sites d’extraction, lieux où des concentrations importantes de benzène et de formaldéhyde, ont été détectées. Ces deux composés sont connus pour leur implication dans les leucémies… Est-ce vraiment un pur hasard ?

Avec l’aide d’amis bénévoles, dont Joëlle et Pierre David, l’ATC (Association Toxicologie Chimie) a préparé un document de synthèse sur le bilan chimique et toxicologique de l’exploitation des gaz de schiste. Nous avons fait parvenir cette analyse à plusieurs membres du gouvernement (François Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet, Eric Besson …) et à plusieurs députés et sénateurs sans distinction de leur appartenance politique, mais aussi à diverses associations écologiques (les Amis de la Terre, Greenpeace, WWF…) avec à l’époque des retours d’un bon nombre de politiques, tous bords confondus, mais très peu de retours de la part de ces associations… sans doute un sujet dont l’importance n’était pas évaluée à sa juste valeur ?

En revanche, l’objectivité et la rigueur scientifique de ce document n’ont pas échappé à nos amis Anglo-saxons et Polonais, qui ont entrepris sa traduction… En France, notre document est utilisé par les collectivités locales et des maires, comme un outil facilement exploitable… ceci nous conforte dans notre rôle de conseil scientifique.

Pour conclure, il faut une fois de plus constater que l’ATC (Association Toxicologie Chimie), une modeste association spécialisée dans la Formation et l’Information sur les risques chimiques, peut apporter une aide scientifique efficace à tous ceux qui ne trouvent pas, par ailleurs, une information pertinente. C’est là, l’essentiel de l’action que nous revendiquons de haute qualité scientifique et la plus indépendante possible.


André Picot,

Toxicochimiste, ingénieur en Chimie Biologie (CNAM, 1970, Paris), docteur es Sciences Physiques (Université Paris-Sud, 1975, Orsay), chimiste organicien au Centre de Recherche de Roussel-Uclaf (1956-1963, Romainville,93), spécialité : Synthèse organique (synthèse totale des hormones sexuelles stéroïdes).

Ingénieur de recherche, puis directeur de recherche au CNRS (1963-1989) à l’Institut de chimie des substances naturelles du CNRS (Gif s/Yvette, 91).
Spécialité : Mécanismes impliqués dans les oxydations chimiques et biologiques.

Créateur et directeur de l’Unité de prévention du risque chimique du CNRS (1989-2001,Gif s/Yvette, 91).
Spécialité : Promoteur de deux sous disciplines de la Toxicologie moléculaire : La Toxicochimie et l’Ecotoxicochimie.

Actuellement, Directeur de recherche honoraire au CNRS et professeur d’université


 

 

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