Le collectif 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE affirme son refus de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère et autres hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste, huiles lourdes, gaz de réservoir compact, gaz de couche, sables bitumineux ...) et de tous hydrocarbures dont l’extraction nécessite l’utilisation de techniques, quel que soit leur nom, nécessitant de fracturer, stimuler, acidifier ou encore de fissurer la roche et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité. Il s’oppose à l’aberration économique, sanitaire, environnementale et climatique aux conséquences désastreuses que constituent ces projets pour les départements impactés. Il promeut une transition énergétique, écologique et solidaire.

Après 7 années de lutte, du rassemblement de Villeneuve de Berg 2011 au rassemblement de Barjac en 2016 jusqu’à la loi Hulot 2017, sont enfin abrogés, annulés ou rejetés tous les permis de recherche de l’Ardèche, du Gard, de la Drôme, de l’Isère, de Savoie, du Vaucluse, du Var, des Bouches du Rhône, de l’hérault. Toutefois, AILLEURS, d’autres sont encore valides et la lutte continue : En savoir plus

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Algérie : début d’exploitation du gaz de schiste

mardi 6 février 2018

Algérie : début d’exploitation du gaz de schiste

ALGÉRIE : DÉBUT D’EXPLOITATION DU GAZ DE SCHISTE

L’Algérie a commencé à exploiter le gaz de schiste, selon les propos jamais démentis de la députée française Muriel Ressiguier qui s’est exprimée le 23 janvier dernier sur cette importante question étroitement liée au projet de gazoduc (STEP) qui reliera l’Algérie à la France via l’Espagne en perspective du grand marché européen de l’énergie dont le chantier sera très prochainement lancé.

L’information de la députée de France Insoumise est certainement fondée car l’Algérie dont les réserves exportables sont gravement siphonnées par une consommation locale particulièrement « gazivore » court le risque de ne plus pouvoir honorer ses engagements commerciaux faute de stocks exportables.

Considérée comme le troisième plus gros détenteur mondial de réserves de pétrole et de gaz de schiste, l’Algérie n’a évidemment pas l’intention de mettre longtemps en veilleuse cette chance de reconstituer sa rente d’hydrocarbures que les gisements traditionnels ne parviennent pas alimenter à hauteur des besoins financiers d’un pays qui continue, en dépit du déclin des prix des hydrocarbures, à dépenser sans compter.

Les engagements commerciaux de Sonatrach poussent également la compagnie à chercher les quantités objets de commandes fermes là où elles se trouvent. Et les réserves prouvées enfermées dans les schistes en offrent la meilleure opportunité, notamment quand leur exploitation est épaulée par des compagnies américaines très compétentes en la matière.

Une éventualité à ne pas du tout écarter et que présagent largement les propos qu’a récemment tenu le PDG de Sonatrach lors de sa toute récente visite au Etats-Unis. L’opposition des populations du Sud algérien à ce type d’exploitation qui pourrait mettre en péril l’environnement et notamment les nappes hydrauliques ne semble, du reste, plus faire obstacle au gouvernement algérien décidé à entamer au plus tôt l’exploitation. Et il n’en a, en réalité, pas le choix.

Stagnation de la production et boom de la demande locale

Siphonnés par la consommation locale qui explose sous les effets de la demande sociale et industrielle, les stocks de gaz naturel et de pétrole exportables pourraient en effet descendre, dès l’année 2020, à des niveaux si bas qu’ils pourraient compromettre les engagements commerciaux de Sonatrach.

A la vitesse où va la consommation domestique de gaz naturel (8% de plus de MTP sont soustraits chaque année à la production globale), il est à craindre que la production nationale de gaz naturel suffise à peine à couvrir la demande intérieure qui croît à un rythme exponentiel pour les raisons évoquées plus haut.

Le doute sur l’avenir industriel et commercial du gaz algérien est en effet de mise chez pratiquement tous les experts en hydrocarbures qui pronostiquent, chiffres à l’appui, que la production algérienne de gaz, qui stagne depuis ces dix dernières années entre 55 et 60 milliards de m3, suffira à peine à couvrir la demande intérieure à un très proche horizon. Si la tendance venait à se maintenir en son état actuel, il y a fort à craindre que les quantités exportables soient, à plus ou moins court terme, réduites à la portion congrue.

De quoi inquiéter les plus gros clients de Sonatrach, dont certains (France et Italie selon les médias français) auraient eu déjà, en 2015, un avant-goût en matière de rupture d’approvisionnement. L’avis du Conseil national de l’énergie (CNE) sur l’avenir de cette filière en perdition est attendu depuis plusieurs années mais cette instance, que seul le président de la République est habilité à convoquer, n’a jamais siégé depuis sa création en avril 1995.

Vu l’état de santé du chef de l’Etat, tout porte à croire qu’elle ne se réunira jamais, obligeant le pays à se contenter de quelques décisions ponctuelles prises conjoncturellement en Conseil des ministres.

La crise qui se profile et qui ira crescendo tout au long des toutes prochaines années est pourtant déjà apparente ne serait-ce qu’à travers les quantités de plus en plus importantes de gaz soustraites aux réserves exportables afin de pourvoir à une demande intérieure qui explose sous les effets conjugués de la croissance démographique, de la distribution de gaz de ville dans pratiquement toutes les agglomérations urbaines et de l’alimentation d’équipements industriels énergétivores réalisés au cours de la décennie (usines de dessalement d’eau de mer, usines d’aluminium, centrales électriques, etc.) qui absorbaient en 2014 déjà environ 30% de la production nationale de gaz, toutes catégories confondues.

Il y a vraiment de quoi s’inquiéter de ce boom de la consommation locale qui, de surcroît, intervient dans un contexte de stagnation de la production qui contraint à puiser dans les réserves exportables, réduisant d’autant nos recettes d’hydrocarbures déjà lourdement affectées par le déclin des prix internationaux. Les spécialistes estiment à environ 8% de plus la part de production de gaz soustraite chaque année à l’exportation pour être consommée à très bas prix en Algérie.

A ce rythme, les économistes estiment que l’offre exportable ne sera plus que de 10 milliards de m3 en 2030. Les clients traditionnels de Sonatrach ont donc de bonnes raisons de s’inquiéter et à chercher des solutions de rechange qui pourraient nuire au fournisseur algérien.

Une étude datée de mai 2014 avait, par ailleurs, déjà jeté attiré l’attention en affirmant, chiffres à l’appui, que la consommation locale de gaz naturel est passée de 10 à 37 MTP entre 1999 et 2012, période qui correspond heureusement à un bond de la production d’hydrocarbures, rendu possible par la loi sur les sociétés mixtes et le partage de production qui avait permis à de nombreuses compagnies étrangères de découvrir et d’exploiter de nouveaux périmètres.

Le pic jamais égalé de 60 milliards de m3 de gaz naturel avait même été atteint précisément à cette période, avant de redescendre à un niveau beaucoup plus bas durant ces toutes dernières années. Cette tendance a, comme on le redoute, de bonnes chances de perdurer, voire même de s’exacerber en raison de l’épuisement de certains puits, de l’insuffisance de découvertes de grands gisements et de l’absence de partenaires étrangers, dissuadés par la formule du 51/49 et, bien entendu, la modicité du prix des hydrocarbures actuel.

Les gaz non conventionnels à la rescousse

Cette baisse drastique de l’offre de gaz exportable en contexte de stagnation de la production, aussi bien à l’amont qu’à l’aval, ne manquera évidemment pas d’impacter négativement le niveau des recettes en devises. Le prix du baril de pétrole qui sert de référence à celui du gaz ne permettra, à titre d’exemple, de n’empocher qu’environ 25 à 26 milliards de dollars en 2019, si ce dernier venait à se stabiliser, comme c’est depuis quelques semaines le cas, aux environs de 70 dollars.

Ce phénomène de régression des quantités à exporter affectant aussi bien le pétrole que le gaz, il est à craindre que la baisse des offres destinées aux marchés étrangers réduise considérablement le niveau des recettes en devises et, conséquemment, celui de la fiscalité pétrolière qui représente une part importante du budget de l’Etat.

C’est dire à quel point le problème est grave et recommande d’agir au plus tôt pour relancer tous azimuts la production, aussi bien gazière que pétrolière tout en développant parallèlement d’autres sources d’énergies (solaire, éolienne et autres) destinées à la consommation locale.

Il faudrait tout de même être prudent sur le volume des investissements à promouvoir pour booster la production de gaz, car un sérieux risque de mévente pourrait surgir à terme à la faveur des nouvelles découvertes d’hydrocarbures dans de nombreux pays du monde, des exploitations de pétrole et gaz de schiste et des grands programmes d’énergies alternatives que pratiquement tous les clients traditionnels de l’Algérie (Espagne, France, Italie) ont lancés.

Il faut ajouter à cette crainte celle encore plus sérieuse de la concurrence de gros producteurs de gaz comme la Russie, le Qatar et bientôt l’Iran et l’Australie qui mettront incessamment sur le marché européen de grandes quantités de gaz liquéfié à moindres prix.

Jusque-là sécurisée par ses contrats à long terme à prix stables, l’Algérie devra reconsidérer cette situation confortable qui a longtemps prévalu pour des raisons historiques, en se conformant comme tous ses concurrents aux prix et aux clauses contractuelles universelles.

C’est par conséquent toute la stratégie de production et de commercialisation des hydrocarbures, en général, et du gaz naturel en particulier, qu’il faudrait repenser afin de l’adapter aux grands bouleversements qui affectent aussi bien le marché local que les marchés extérieurs.

Soucieuses de maintenir leurs recettes d’hydrocarbures à un niveau acceptable, les autorités algériennes sont à l’évidence tentées par la solution à court terme que procure l’exploitation non conventionnelle. Avec l’aide des Américains, les choses pourraient aller très vite et dans la discrétion pour éviter d’éventuelles réactions des populations environnantes, comme ce fut le cas à In Salah durant pratiquement toute l’année 2015.

Article de Nordine Grim sur El Watan

 

 

 

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